Tome 2 Chapitre Un

Tome 2 Chapitre Un
[New-York, 7 février 2010. Pensées d'Emma]

Devon : C'est maintenant que tu rentres ?
Moi : Je t'avais dis de ne pas m'attendre !
Je pose ma veste sur le porte-manteau et déchausses mes hautes bottes hivernales avant d'entrer dans le living sous son regard coléreux
Devon : Tout est refroidit maintenant !
Moi : Ce n'est rien, j'vais le réchauffer
Il murmure encore des bribes de paroles auxquelles je ne prête aucune attention, pendant ce temps, j'en profite pour placer le plat au four à micro ondes avant d'aller aux toilettes. J'attache ma longue chevelure et retient mes mèches à l'aide d'un serre-tête, pour me laver la figure épuisé par cette longue journée de travail, il entre comme toujours à l'improviste en haussant le ton
Devon : 'Manu ! Encore une soirée comme ça et je te quitte !
Je passe à coté de lui en lui bousculant l'épaule et me précipite dans la cuisine pour prendre mon repas déjà près. Il me poursuit dois-je préciser « Comme d'habitude » me ressortant encore et toujours le même discours depuis des mois. Je ne l'écoute pas, ou devrais-je dire « Je ne l'écoute plus », ces mots ne procurent plus aucun effet en moi. Je ne sais pas expliquer ce qui a pu me séduire en lui, Devon a du charme, il est responsable, lucide et attentionné. Il y a peu, les choses se passaient encore bien entre nous mais sa possessivité et sa jalousie ont pris le dessus dans notre relation me pourrissant l'existence, cependant j'ai besoin de lui. Je ne sais expliquer pourquoi. Petite, je rêvais de rencontrer un prince qui viendrait me délivrer d'un dragon, et nous partirions sur son cheval blanc dans un pays merveilleux. J'ai depuis longtemps compris que Devon n'est pas mon prince délivreur de dragon. Peut-être est-ce lui le dragon et mon prince ne tardera pas à me délivrer ... J'en suis persuadé.
Devon : ... et je laisserais
Moi : ... mes valises à l'entrée pour que je parte pour de bon !
Devon : Tu t'en contre-fiche pas vrai ?!
Moi : Mais bien sur Deve, tout le monde s'en fou !
Je renverse les restes de ce repas infect dans la poubelle et range l'assiette dans le lave-vaisselle.
Devon : Regardes ce que tu deviens : un squelette !
Moi : Bonne nuit !
Je l'embrasse rapidement et pars m'enfermer dans notre chambre pour me changer, une fois en pyjama, je me brosse les dents et m'allonge dans le lit pour m'endormir très vite, comme toutes les nuits ... Les larmes coulent sur mes joues, rituel du soir, évacuation des tensions, petites phrases motivante, il me rejoint et me prend dans ses bras pour sombrer dans le même sommeil que moi. Je me roule c½ur en boule et ventre vide pour encore cauchemarder sur ce qu'aurait pu être ma vie si je ne l'avais pas rencontré, Lui.

Les roucoulements des pigeons me réveille, j'ouvre un ½il, puis l'autre et m'étire lentement. La place est vide à coté de moi, il est encore partit. Je me prépare rapidement sans prendre la peine de lire le message qu'il a inscrit pour moi sur le frigo et prend une pomme en guise de petit déjeuner. Direction le théâtre, oui j'ai décidé de laisser les plateaux de tournages pendant quelques temps pour faire autre chose et depuis peu je suis dans une troupe de théâtre. Je joue pour être précis dans « Speed The Plow », je tiens le rôle d'une petite starlette, un rôle tenu il y a vingt ans par Madona. C'est assez stressant mais pas déplaisant, au contraire. On ne s'en rend pas compte mais c'est une rude discipline qui demande beaucoup de rigueur, de sérieux et surtout de patience ! Je m'entends très bien avec les comédiens et ça fait du bien de quitter un peu le monde des caméras pour rencontrer le public. Aujourd'hui, c'est notre dernière répétition avant les représentations, on va partir en bus dans un peu près tout le pays pour jouer. J'ai déjà hâte de partir, pouvoir quitter ce monde citadin et vivre tranquillement sans Devon à mes trousses. J'arrive au lieu de rendez-vous, il n'y a encore personne. Je m'assieds sur un banc et attends qu'ils arrivent. Règle numéro une : Toujours être à l'heure, pourtant je n'ai jamais vu autant de personnes en retard depuis que je travaille ! Mais j'aime ce coté un peu frivole et sans lendemain, j'aimerais tellement ne pas avoir à me soucier de ce qu'il adviendra de mon existence mais je sens que malgré mes efforts, je n'arriverais sans doute jamais à adopter cette attitude. Cela ne m'empêche pas de dégager un bon feeling avec l'équipe et de travailler dans la bonne humeur ! Je vous passe les détails de cette journée classique, nous avons répétés nos scènes, réglé l'éclairage le seule changement fut le rangement des costumes et décors dans le bus en préparation pour la grande première. Le stresse monte un peu autour de nous, j'ai peur de me planter, c'est la toute première fois pour moi !
Rick : Tu as peur ?
Moi : Oh ouais !
Rick : (sourire) Ca va bien se passer tu vas voir !
Moi : Croisons les doigts !
Il s'en va pour déplacer la dernière caisse dans le camion, je vérifie si tout est en ordre dans les loges, prends mon sac, et sort rejoindre les autres.

[Berlin, 7 février 2010. Pensées de Tom]

Les stores mal fermés laissent passer la lumière du jour, j'ouvre les yeux en bronchant et pose un coussin sur ma tête pour ne pas être aveuglé par cette clarté.
Olga : Réveillé ?
Moi : Je ne t'avais pas dis de partir ?
Olga : Si mais ...
Moi : Y a pas de « Mais », une nuit c'est une nuit, maintenant dégage !
Elle prend ses affaires en pleurant et en me lançant des injures, je n'y prête pas attention et attend avec impatience qu'elle s'en aille. La porte claquée, je me lève et part me doucher. La tête sous le jet d'eau je ne peux m'empêcher de penser à elle, depuis trois putain d'années je ne fais que ça, me demander si j'ai fais le bon choix en la laissant ? Si elle n'est pas malheureuse dans les bras de ce con ? Si je ne devrais pas foncer la chercher ? Si elle pense tout simplement autant à moi que moi à elle ? Qu'est ce que j'ai pu être con ! Je me le répète chaque matin et pourtant à ce moment là, ça m'a semblé être la meilleure solution. Rituel du matin finit, je m'habille rapidement, pas le temps de réfléchir, un programme nous attends déjà. En sortant, je vois mon frère consoler cette Olga, je souris discrètement en me disant que c'est un homme bon celui là, il me lance un petit regard désespéré, je sais très bien ce qu'il pense de mon attitude et à quel point ça l'énerve que je change chaque soir de fille dans mon lit. Je sais bien aussi que de nous deux il ira surement plus loin sentimentalement parlant, la liste de bonne résolution ne se remplira pas de mon coté, pas cette année en tout cas, il parait qu'on ne change pas ... Elle s'en va sans plus attendre en me voyant m'avancer.
Bill : T'es con Tom !
Moi : Bien le bonjour très chère frère !
Bill : Ouais bonjour !
Je descends prendre mon petit déjeuner, allume la radio, vols pour New-York annulés pour cause de tempête de neige, les routes sont bloqués dans le pays voilà ce qu'annonce l'animateur, je repense tout de suite à elle, il entre dans la pièce et éteins la radio
Bill : Ca ne la ramènera pas et tu le sais
Je n'ai pas le courage d'achever mon bol de céréale, je laisse tout sur la table et part affronter cette journée. Préparation de l'album, le quatrième, pleins d'idées germent mais il faut tout mettre en musique, ça prend un temps fou, Bill n'est jamais content, surtout depuis qu'il s'est fait opérer, on a dut un peu changer de style pour qu'il puisse s'adapter, ça nous rend pas la tache facile...
Bill : Les gars vous comprenez quand on vous parle ?
Georg : Je te répète juste que ce que tu demande est impossible !
Bill : Tu ne vas pas me dire que le jouer plus rapidement c'est impossible !?
Georg : Bah fais-le et puis on verra !
Moi : Moi j'dis : une pause s'impose !
Je ris à mon petit jeu de mot que personne ne semble avoir compris et reprend mon sérieux
Moi : Vous êtes tous sur les nerfs, faut qu'on recharge un peu les batteries là !
Bill sort en claquant la porte, j'sens qu'on va encore bien terminer cette journée ! Le portable de Georg sonne, c'est Sarah, leur fille Félycia est malade depuis peu alors elle tient à l'informer du moindre changement...
Georg : Ouais, embrasses-la pour moi, bisous, moi aussi, heu je ne sais pas, Bill est déjà énervé ... Ouais, à ce soir !
Il raccroche, je prends un ice thea et m'installe sur le fauteuil en buvant tranquillement ma boisson, journée de merde, journée un peu classique, j'ai envie de dormir, j'ai envie de parler à quelqu'un, j'ai envie d'être avec elle ...

[New-York, 9 février 2010. Pensées d'Emma]

Moi : Tu pourrais de temps à autre nettoyer la cafetière quoi ! N'attends pas toujours que ça soit à moi de le faire !
Devon : Ca ne te fais pas de mal de le faire !
Je soupire, lassée de sa paresse, lassée de lui, lassée de se « Nous » qui s'effiloche au fil des jours. J'ai envie de tout balancer par la fenêtre et de sauter à mon tour ! Je pose l'éponge quelques minutes, calme ma respiration, reprends mon sang froid et frotte à nouveau. Il s'assied sur la chaise de la cuisine et me regarde à l'½uvre, l'envie de lui planter un objet tranchant dans les yeux me prends mais j'oublie cette idée et joue l'indifférente. Il vient se mettre dans mon dos, pose sa main sur mes fesses, je me retourne et le regarde en colère
Moi : Arrête ça immédiatement !
Devon : Pourquoi ?
Moi : Je ne plaisante pas !
Devon : Moi non plus !
Grâce au ciel, la sonnerie de mon portable me sauve de ce moment plus qu'embarrassant. Je le bouscule sauvagement et saisit l'appareil
Moi : Oui ?
... : EMMA !
J'écarte un peu le combiné de mon oreille, surprise par ce cri
Moi : Sarah ?! Que se passe-t-il ?
Sarah : Il faut absolument que tu viennes !
Moi : Bon calmes-toi et expliques-moi ce qui se passe !
Il était bien entendu inutile de préciser «Calmement » dans le vocabulaire d'une Sarah paniquée ce mot ne veut rien signifier. Elle m'explique en larmes que Félycia est de plus en plus fiévreuse et qu'elle est à l'hôpital, que pleins de bébés souffrent du même syndrome et qu'il faut...
Sarah : ... absolument que tu viennes !
Moi : Mais Sarah, je débute ma tournée, je ne peux pas venir et les vols sont annulés !
J'ai l'impression que mon oreille est trempée tant elle pleure. Etant marraine de la petite je me dois d'être présente mais je ne peux tout de même pas tout annulé ! Je la rassure en lui disant calmement que je ferai de mon possible pour venir. Elle raccroche toujours aussi bouleversée. Je repose le portable sur la table, épuisée par cette conversation. Affrontement avec Devon, bombardement de question, Seigneur aidé-moi ! Je m'assieds ayant l'impression de prendre dix ans d'un coup.
Devon ; Mais vas-tu me répondre ?!
Moi : Laisses-moi deux minutes !
Devon : Tu me demande de te laisser ?
Moi : Roh ! Tu ne rends jamais les choses faciles ! Je dois reprendre mes esprits ! Reviens dans deux minutes !
Il sort agacé, je me permets de souffler : Enfin ! Les pieds ballant, je ne sais où donner de la tête et que faire en premier lieu. Je tente de réfléchir de façon posée mais mes neurones s'agitent tellement dans ma tête qu'il m'est impossible d'effectuer le moindre effort intellectuel ! Il revient, j'avais dis deux minutes non ? Ce mec est invivable !
Devon : Alors ?
Moi : Félycia est malade, Sarah a besoin de mon soutien
Devon : (ironiquement) Ah Sarah à besoin de toi !
Moi : Oui, arrête de parler sur ce ton
Devon : Ne me donne pas d'ordres !
Moi : Devon ! Quand donc apprendras-tu à être compréhensif ?
Devon : Quand les gens arrêteront de te manipuler !
Moi : Mais personne ne me manipule !
Devon : Combien de fois as-tu été en Allemagne soutenir tes amis cette année ?
Mes poings se déssèrent mais ma colère voltige encore dans la pièce, il prend un air serein et me regarde avec des yeux doux, j'ai presque envie de vomir en le voyant aussi hypocrite ! Je m'arrête net dans la pièce, fronce les sourcils et finit par me demander si tout compte fait, il n'a pas raison...



J'ai utilisé différents points de vue des personnages, je ne le ferais pas tout le temps c'est juste pour mieux cerner tout ce qui s'est passé en 3 ans, et tout ce qui se passe maintenant. J'espère que ce premier chapitre vous a plu, écrire me manque c'est donc avec plaisir que je l'ai rédigé pour combler le votre :-)

BISOUS !

# Posté le mercredi 21 mai 2008 09:51

Modifié le mercredi 02 juillet 2008 09:24

Chapitre Deux

Chapitre Deux
Il me reste une semaine avant de débuter les premières représentations au théâtre. La neige ne se calme toujours pas, il est difficile de se déplacer dans la ville et de supporter le froid. Je refuse de croire ce que dit Devon au sujet de Sarah, ce qui provoque de nombreuses disputes entre nous évidemment, il n'accepte pas que je le contredise. Agacée par cette situation je décide de vider mon sac et d'en parler à quelqu'un, une personne sur qui je peux compter et qui sait toujours se montrer tolérant, je parle bien entendu de Matthew. Il me donne rendez-vous devant son appart' aujourd'hui. Je m'y rends dans cinq minutes, je m'habille d'abord bien chaudement, long manteau en daim, écharpe, gants, bonnets. Camouflage terminé, je sors sans faire de bruit de l'appart' et me rend chez les garçons. Sur le chemin, je repense à toutes ses années sans sommeils, depuis qu'il m'a abandonnée, j'aurais pu l'attendre, j'aurais pu supporter toutes ses tromperies, j'aurais tout fait pour rester avec lui et il m'a quand même jeté comme un vieux kleenex qu'on jette à la poubelle. Mes idées changent d'un seul coup une fois arrivée au bas de l'immeuble. Je sonne, il déverrouille l'accès à la porte et j'entre. Je prends l'ascenseur jusqu'au 4ème étage, porte 56. Un endroit que je n'ai jamais autant fréquenté depuis notre rupture. La porte est déjà ouverte, Chris dort sur le canapé, déjà habillé, surement un petit somme avant de démarrer une rude journée... Je souris et dépose un baisé sur son front avant de rejoindre Mat' sur leur lit pour discuter. J'hôte mon manteau, pose mes affaires sur la chaise près de la fenêtre et lui fait la bise
Moi : Désolé de débarquer aussi tôt
Mat : Pas de problème, je suis là pour ça. Racontes-moi tout
Je prends une grande inspiration et lui explique la situation. Le chao à l'appart' avec Devon, le stress pour le théâtre, l'appel de Sarah, les propos de Dave à ce sujet, tout y passe, tout enfin presque...
Mat : Il te manque ?
Moi : Mat ! Je ne suis pas venue te parler de ça...
Mat : Réponds-moi ! Il te manque ?
Moi : Arrête !
Mat : Tant que tu ne seras pas au clair avec cette histoire, rien ne s'arrangera facilement
Je me fige sur place suite à ces mots, les aiguilles de l'horloge s'arrêtent de tourner, du moins dans mon esprit. Je me mets à pleurer. Mes toutes premières larmes en trois ans de souffrance. Ce monde autour de moi crie, il clame son nom, oui il me manque ! Il m'a toujours manqué, comment l'oublier ?
Mat : Viens là !
Je crois que les aiguilles reprennent leur cheminement petit à petit, dans ses bras je me libère de toutes ses rives arrachées à mon c½ur. J'avais surement besoin de pleurer.
Mat : Bon écoutes-moi. Tu vas aller en Allemagne dès qu'un vol est disponible, je m'occupe de l'organisation de la tournée, n'écoute pas cet imbécile de Devon ! Et puis tu vas manger aussi ! Hein ?! Je sais que t'es amie avec les Olsen mais bon ...
Je souris et souffle un bon coup
Mat : Nan plus sérieusement, tu as besoin de les revoir et eux aussi alors écoutes mon conseil ! Et puis plaques-moi ce con s'il te plait !
Moi : Laisses-moi régler ce détail moi-même ! En tout cas merci pour tout Mat !
Mat : De rien ! Tu sais bien qu'il y aura toujours du temps pour toi dans ma vie !

Je boucle ma valise et la cache sous le lit. La porte d'entrée s'ouvre, je sursaute, me relève, remet mes cheveux en place et entre dans le living
Moi : Bonsoir
Devon : Bonsoir
Il soupire et s'affale sur le canapé en déchaussant ses chaussures. Je m'approche de la fenêtre pour observer la ville et pose ma main sur la vitre froide.
Moi : Dure journée n'est-ce pas ?
Devon : Ouais vraiment, j'vais me faire couler un bain, tu veux venir ?
Moi : Pourquoi pas... Mais passons d'abord à table, j'ai préparé à manger
Devon : Hum, je n'ai pas vraiment faim désolé
Il s'en va vers la salle de bain, je reste là un peu déçue et repose le plat dans le four. Pendant que je range les couverts, j'entends l'eau coulée dans la baignoire, j'aurais aimé partager ce repas avec lui avant de partir histoire de détendre l'atmosphère mais tant pis. Je le rejoins, il est torse nu entrain de mettre des billes dans l'eau, je l'observe de loin, c'est vrai qu'il est canon sous ses airs d'homme dur il a une réelle sensibilité en lui, j'en rougis presque tant j'aimerais être dans ses bras mais je n'ose pas. Nous nous déshabillons et plongeons dans l'eau chaude. Nos corps à l'opposé, il touche le bout de mes orteils avec les siens, il me regarde amoureusement, je me rapproche de son visage et l'embrasse. La fumée s'évapore dans la pièce laissant s'échapper avec elle toutes ces tensions accumulées depuis des semaines.
Moi : Je pars demain pour Berlin, il y a un vol
Devon : Très bien, pour combien de temps ?
Moi : Je serais de retours avant samedi
Devon : Trois jours alors...
Moi : Si tout se passe bien, oui
Devon : Salue Sarah de ma part
Moi : Je le ferais
Devon : Tu m'aime Emma ?
Moi : Oui pourquoi ?
Devon : Parce que je sais que t'y retournes aussi pour le revoir...

Le froid me glace le corps, le vent foudroie mon visage. Valise en main j'entre enfin dans l'aéroport. Mon vol est dans quinze minutes, j'ai encore du temps pour prévenir John de mon départ et m'assurer que Mat a les choses en mains. Devon ne m'accompagne pas, il est épuisé, notre conversation d'hier soir m'a fait prendre conscience qu'il tenait à moi plus que je ne le croyais. Ca nous a fait du bien de discuter, la situation s'arrange déjà. Je pose le combiné une fois les appels finit et embarque dans l'avion, je suis sereine, pour la première fois lors d'un vol. Tout me parait tranquille même la ville alors qu'une tempête de neige risque d'éclater à chaque instant... Je ne sais ce qui me prend d'être aussi calme et paisible... Peut-être est-ce le fait que je les rejoigne au pays ? Le fait que je le revois... Lui, Tom
.


Suite très courte je l'admet, je n'en ai pas encore finis avec tous mes examens, c'est donc pour celà qu'il n'est pas très fameux non plus. Je voulais vous remerciez d'avoir su attendre, ça me manque vraiment de ne plus écrire ! J'espère ne pas vous décevoir dans les prochains chapitres qui arriveront dans le courant de la semaine, quand j'en aurais enfin finis ! Merci encore !
Et gros bisous

# Posté le vendredi 13 juin 2008 07:25

Modifié le mercredi 02 juillet 2008 09:24

Chapitre Trois

Chapitre Trois
A mon arrivée, l'agitation règne mais ce n'est pas la même qu'à New-York, ici grouillent ambulanciers et médecins en tout genre, se dépêchant, vous bousculant, les femmes pleurent, les chiens dehors aboient, les enfants doivent faire pipi, les vieux ne trouvent pas la radiologie... Je n'aime pas les hôpitaux et ça ne changera sans doute jamais. Je sors de ma poche le papier sur lequel j'ai noté le numéro et l'étage de la chambre. Etage 6, numéro 313, le même numéro que l'appart' de Devon. Je prends l'escalier, trop froussarde pour affronter la rapidité des ascenseurs en milieu hospitalier sans doute. J'ai surtout besoin de me dégourdir les jambes après cette longue traversée Atlantique. Mon c½ur accélère sa cadence à chaque étage que je franchis. Je fais une petite pause au 4ème étage, à bout de souffle déjà... Pourquoi suis-je si paniquée à l'idée de les revoir ? Pas le temps de réfléchir, je reprends ma lancée et le c½ur dans la gorge j'ouvre la porte de secours. En entrant dans le vaste couloir, je constate qu'il est vide aux premiers abords mais des voix familières me font sursautées dans mon dos, je me retourne...
Pensées de Tom]
Elle se tient debout devant nous, une valise en main, vêtue d'un long manteau brun assorti à ses bottes qui recouvrent son jeans. Sa maigreur me surprend, elle n'a plus ces belles joues rondes, son visage se creuse désormais à mon grand regret. Mais néanmoins sa beauté est stupéfiante. Je fus étonné de voir qu'elle avait aussi coupé ses cheveux, elle les a retenus par un serre-tête. J'aimerais courir vers elle pour lui sauté dans les bras mais j'attends que son regard croise le mien, chose qui ne se produit pas. C'est Sarah qui la sort de son immobilisation
Sarah : Emma ! T'as su venir !
Elle lâche sa valise sur le sol et se jette dans les bras de Sarah en riant. Nous sommes tous les quatre plantés devant elle. Je suis juste à trois mètres d'elle à peine, j'ai presque du mal à le croire !
Pensée d'Emma]
Sarah n'en finissait pas de me faire des bisous. Elle me serrait si fort que j'étouffais presque. Au bout de quelques minutes, elle me lâcha enfin et je pu dire bonjour au reste du groupe. Ma mine devait être déplorable à la vue de leur regard mais peu importe ! Il ne reste plus qu'une personne à prendre dans mes bras et c'est lui. Dressé juste devant moi, le regard intimidé, un sourire en coin, son sourire en coin devrais-je dire : véritable marque de fabrique de son égo. Il décroise ses bras pour me laisser le privilège de m'y blottir. Je m'imprègne de son odeur discrètement et pose mes lèvres contre sa joue sans faire de bruit. Mon c½ur chante en moi, il m'offre son plus beau sourire et je luis rends gentiment
Georg : Il y a eu des complications durant le vol ?
Moi : Pas trop non, enfin faut dire que j'ai dormis durant tout le trajet. Alors l'état de Félycia s'améliore ?
Sarah : Il y a un petit garçon qui est mort hier soir
Elle met sa main sur sa bouche et se met à pleurer. Georg la serre dans ses bras en me regardant tristement. Bill me chuchote discrètement qu'il vaudrait mieux que je rentre avec Sarah car elle est épuisée. J'acquiesce de la tête et réussis à la convaincre de rentrer se reposer un peu.

Elle tapote à l'aide de son mouchoir le creux de son ½il droit, renifle un peu, frissonne un bout coup et reprend sa respiration
Sarah : Je suis désolé de toujours t'appeler en cas de problèmes. Tu as les tiens et tu ne m'appelle pas à chaque fois !
Moi : Je ne veux tout simplement pas t'encombrer avec ça...
Sarah : Mais tu m'as tellement soutenue ! Il y a quatre ans pour ma maladie, depuis la naissance de Félycia à chaque coup dur, notre grosse dispute avec Georg, tu as toujours été là ! Et moi, qu'est-ce que j'ai fais pour toi ? Tu peux me le dire ?
Silence. Il est vrai que je ne lui ai jamais rien demandé en cas de soucis. Pas par manque de confiance, non, mais de peur de l'accaparer avec mes ennuis. Sa vie est déjà si tourmentée. Les nombreuses inquiétudes dues à l'arrivée du bébé, sa maladie affectant son système immunitaire, un couple qui manque de s'effondrer... Où avais-je ma place là dedans ? J'étais l'épaule qui consolait, celle qui m'occupait du bébé lors des absences. Peut-être aurais-je du tout lui dire, mais peut-être aussi n'avais-je pas envie d'assumer ?
Sarah : Ca fait trois ans que tu traine une peine de c½ur et c'est ton corps qui en fait les frais. Tu ne vas pas bien et moi je ne fais rien !
Ses pleurs redoublent, je me lève pour retenir les miens et m'approche d'elle. Je lui prends la main e sèche ses larmes. Elle enlace mon cou, m'étranglant presque mais qu'importe, on se fait un gros câlin, comme au bon vieux temps...
Sarah : Comment ai-je pu être si stupide ?
Moi : Ce n'est pas de ta faute, c'est de la mienne.

Après le repas, tout le monde semble dormir sur place. J'imagine qu'ils n'ont pas dormit depuis quelques jours étant donné la situation. Je rassure Sarah en lui disant que je vais veiller cette nuit à l'hôpital auprès de Félycia. Tom tient absolument à venir aussi, je ne peux pas vraiment refuser... C'est ainsi qu'on se retrouve, lui le parrain, moi la marraine, dans la même pièce, tenant chacun une main de l'adorable petite. Je la regarde, un sourire aux lèvres malgré la situation critique pour sa santé. Elle ressemble tellement à Sarah. J'ai hâte qu'elle se réveille pour la faire rire et entendre le même rire que Georg mais en version fille. Elle a de jolies boucles comme lui et de petites tâches de rousseurs comme Sarah. Ses yeux sont fermés mais une fois ouverts ils vous illuminent de leur vert foudroyant.
Tom : J'espère qu'elle va guérir
Moi : Je l'espère aussi
Un petit blanc s'installe entre nous. Je sais très bien qu'il aimerait encore que l'on se parle, il aimerait savoir comment je vais, j'aimerais connaître les détails de sa vie, mais le courage n'y est pas et les paroles ne sortent pas... Son regard pèse sur moi, c'est presque insupportable mais je décide pour la première fois de rompre ce poids et de le croiser, bizarrement il ne baisse pas les yeux comme je l'espérais, non il me fixe toujours aussi intensivement, j'ai envie de décrocher, de regarder le sol, de lui montrer une fois de plus que je suis vulnérable mais je reste accrochée comme si un aimant nous liait. Que se passe-t-il ? Pourquoi cette larme coule-t-elle sur ma joue ? Pourquoi cette petite main bouge dans la mienne ? Cette petite main ?? Félycia ! Elle se réveille, je sèche rapidement mes larmes et lui sourit
Moi : Bonsoir ma princesse !
Félycia : Tante Emma ?... Oh oncle Tom !!
Elle lui ouvre les bras et il s'y jette, je ris, ils sont tellement mignons tous les deux ! Son rire tant espéré résonne encore dans ma tête. Il n'y a surement rien de plus merveilleux que ces petits êtres auxquels à la donne la vie pour qu'ils fassent briller la nôtre en retours.


Voilàà ! :-)
Les examens sont enfin terminés, j'ai presque du mal à le croire !
Je vais pouvoir retaper sur mon pc tout ce que j'ai écris sur papier à propos du Tome 2 !
J'espère pouvoir poster un maximum de chapitres avant de partir en vacances car je n'aime vraiment pas faire attendre les gens !

Alors, si vous avez des questions au sujet du tome 2, s'il y a vraiment des choses que vous ne comprenez pas et si vous avez besoin que je vous fasse un petit résumé de ce qui se passe : Je suis là pour ça !! =D
Maintenant, si c'est pour me demander "Mais pourquoi Tom et Emma ne sont plus ensemble ?" Je ne vous répondrai pas tout simplement parce que vous le découvrirez dans le prochain chapitre qui est en cours d'écriture et qui ne tardera pas trop ...

Au point de vue des commentaires, il y a une petite baisse de régime, il y a même des personnes qui ne m'en laissent plus du tout, j'espère que c'est par manque de temps et non parce qu'elles ne lisent plus ma fiction, en tout cas merci à toutes celles qui me font des compliments et j'aimerais juste vous demandez de faire des commentaires plus constructifs pour certaines, histoire de savoir ce qui vous plait vraiment ou pas vraiment ...

Voiilà, je pense que c'est touut :-)

Gros Bisous à toutes !

# Posté le vendredi 13 juin 2008 10:15

Modifié le mercredi 02 juillet 2008 09:25

Chapitre Quatre

Chapitre Quatre
Je ferme la portière et prends ma valise en main. Le froid glace mon cou, j'ajuste mon écharpe en laine pour avoir plus chaud et emprunte le chemin habituel. Le taxi s'éloigne peu à peu de moi pour disparaître dans l'horizon. L'émotion me gagne à chaque seconde. Ce village ne changera sans doute jamais... J'ouvre la clôture qui grince un peu et entre dans l'allée du cimetière. La neige ne cesse de tomber, tout est calme, on entend juste le vent souffler et faire bouger les branches des arbres dénudés par l'hiver. Je ne tarde pas à me rendre sur la tombe de ma mère et comme d'habitude à remplacer les fleurs fanées par un nouveau bouquet. Je retire la neige qui s'entasse sur les lettres de son nom et m'assieds au coin, les mains sur les genoux. Mon c½ur se serre, je lâche un petit gémissement avant de prononcé ces ultimes paroles :
Moi : Bonjour Maman !
Pas de réponse, à quoi t'attends-tu franchement Emma ?
Moi : Ca fait longtemps je sais, j'étais très occupée. Maman...je, hum, crois-tu qu'il m'aime toujours ? (Rire nerveux) C'est stupide je sais, surtout envers Devon mais il semblait amoureux en me regardant hier alors je...
Je m'arrête net, me rendant une fois de plus compte que je lui parle toujours de lui lors de mes visites. Pourquoi est-ce si compliqué et difficile d'effacer les personnes qui ont pu compter autrefois ?
Moi : Je voudrais juste croire les autres quand ils me disent que les choses vont s'arranger tu sais. Je le veux de tout mon c½ur. Mais Maman, crois-tu vraiment que ça va aller ?

Sarah : Alors, tu t'en vas déjà ?
Moi : Ne fais pas cette tête, je reviendrais !
Sarah : Oui mais quand ?
Je me contente de lui sourire en ouvrant mes bras pour qu'elle s'y blottisse, les autres nous regardent silencieusement. Je fais mes adieux à tout ce petit monde et entre dans le taxi, les larmes aux yeux. Se détacher d'eux est un véritable calvaire ! Pourquoi est-ce si dure à chaque fois ? Je sèche mes larmes et indique ma destination au chauffeur. J'ouvre la fenêtre pour leur faire signe avant de partir, encore une fois.

A mon retour Devon n'était pas là. Pour ne pas changer et ça ne m'étonne pas. Encore un voyage d'affaire, toujours en compagnie d'une collègue arpentant presque les rues la nuit avec son look de trainée, un voyage qui doit toujours se prolonger à la dernière minute pour cause de débordement, évidemment. Il pense que je ne me doute de rien, que je pense que ces intentions sont tout à fait amicales, que je n'ai pas compris depuis un bout de temps qu'il me trompe. En fait, la véritable raison qui me fait rester avec lui car il y en a une, c'est qu'il y a de cela trois mois j'ai rompu avec lui pour diverses raisons. Mais il a tenté de se suicidé une semaine après la rupture et je me suis occupée de lui car il n'avait absolument personne d'autre que moi. Sa vie a été une succession d'échecs, il a toujours eu de la malchance en famille et a toujours fait face à la misère et les ennuis tout seul. Je comprenais aussi trop ce que ça signifiait vouloir mourir pour quelqu'un. Lorsque Tom m'a quitté, j'ai eu aussi ce dégout de la vie. Je n'oublierais sans doute jamais cet épisode de ma vie...

[Flash Back]


J'avance presque en courant dans le hall de l'hôtel, un grand sourire sur le visage. Ma suite est déjà réservée, je prends la clé toujours en souriant et monte les escaliers quatre à quatre. Ma joie est si immense qu'elle ferait presque exploser mon corps tout entier ! Je sors mon portable de ma poche et compose son numéro une fois arrivée à l'étage de sa chambre, il prend toujours cette suite là, je le sais bien.
Tom : Allo
Moi : Mon Chéri !
Tom : Ah ! Emma ! Ca va ?
Moi : Très bien, et toi ?
Tom : Heu oui
Tout en lui parlant au téléphone, je toque à sa porte
Moi : Tu fais quoi ?
Tom : Heu... Attend, y a quelqu'un à la porte
Bah oui je sais bien, c'est moi ! Mon c½ur accélère comme à chaque fois que je dois le voir, mon sourire s'amplifie, je suis tellement heureuse ! La porte s'ouvre, il reste surpris devant moi, lâche son portable qu'il ramasse rapidement et me fait enter. Ce qui m'étonne c'est qu'il ne semble pas avoir l'air heureux de me voir ...
Moi : Cache ta joie !
Tom : Non, ça me fait plaisir que tu sois là mais je ne m'attendais pas du tout à te voir ce soir !
Moi : Et bien je suis là !
J'enroule mes bras autour de son cou et dépose un baisé sur ses lèvres, il ne me le rend pas, mais que se passe t'il ? Je m'éloigne de lui et le regarde curieusement, j'ai peur de ce qui m'attend, il a l'air tellement sérieux
Tom : Emma, on ne peut pas continuer comme ça...
Mais qu'est-ce qui se passe ? Continuer quoi comme ça ? Voyant que je me pose un tas de questions dans mon regard, il continue
Tom : Je n'arrive plus à t'aimer comme avant, la distance pourrit nos sentiments, je ne veux plus d'une vie comme la nôtre... Je suis désolé Emma...
Mes jambes restent collées sur le sol, mon corps tout entier est complètement immobilisé, je ne sais pas si c'est un cauchemar, si je vais finir par me réveiller, si une caméra va sortir d'un placard et me dire que c'est une caméra cachée, je ne sais pas s'il se fou de moi ou s'il est sincère... Je ne veux pas entendre ce qu'il me dit et pourtant chaque mot résonne en moi, chaque syllabe se répète en boucle dans mes oreilles, je les bouche tant je souffre d'entendre de telles paroles et me met à pleurer. Lui, il reste là me regardant confus et désolé, j'ai envie de le frapper, de lui lancer un millier d'injures mais rien ne sort, absolument rien, une envie de vomir et de mourir à la fois me prends. J'aimerais disparaitre sur le champ pour ne pas devoir endurer ce qui se passe en ce moment. J'ai l'impression de sauter dans le vide et qu'aucun filet ne m'attendra au bas de ma chute...
Moi : Mais pourquoi ?
Tom : Je ne t'aime plus.
Mon c½ur s'est-il arrêter de battre ? Wou-Hou le Paradis, y a-t-il une petite place pour moi en haut ? Je suis sure qu'une caméra va sortir de cette foutue suite ! Non, non, non, je refuse d'y croire, d'ailleurs je ris, je ris tant ça me semble ridicule et insensé ! Mais qu'est-ce qu'il lui arrive ? Je pose ma main sur son front et revient à la réalité. Il veut en finir avec notre histoire... Bientôt un an et cinq mois, il veut tout arrêter? Je ne comprends plus rien, le monde s'est-il retourné à l'envers ? C'est peut-être pour cela que j'ai si mal à la tête, j'ai toujours détesté l'apesanteur ...
Moi : Tom, dis-moi que c'est une blague
Tom : Je ne ris plus Emma...
Je pousse un cri de douleur et m'enfui en pleurant dans le couloir, Bill sort de sa chambre et m'attrape au vol
Bill : Hey Emma !
Moi : Lâche-moi !
Je cours à toute allure dans les escaliers, manque une marche et finit ma chute sur l'avant dernière, mes pleurs de tristesse se mélangent à des pleurs de douleur, je me relève et sort de l'hôtel toujours en courant mais aussi en boitant. Les paparazzis me traquent à la sortie, je leur lance des injures et me réfugie dans ma voiture. Une fois en sécurité, je pose ma tête contre le volant et termine ma nuit ainsi, pleurant dans ma voiture, aveuglé par les flashs des paparazzis, un portable qui ne cesse de sonner et une douleur horrible en moi, une plaie qu'on vient d'ouvrir, le temps avance, la pluie coule, mes larmes aussi. Une seule phrase me vient à l'esprit : « Hoffnung stirbt zuletzt »

[Fin du Flash Back]


Oui se fut vraiment un épisode presque tragique pour moi, j'avais tellement la sensation d'avoir le bonheur entre mes mains et il est partit, une fois de plus. Je ne voulais plus rien faire, je passais mes journées allongée sur mon lit en regardant le plafond, à aucun moment je n'ai pleuré, mes véritables larmes sont sorties ce soir là uniquement, les autres sont restées au plus profond de moi. J'ai eu tellement envie de disparaitre, d'en finir avec cette vie de merde. Car quelle merde vraiment. Si John n'était pas venu me sauver un soir dans ma salle de bain alors que je me noyais, je n'aurais sans doute plus été de se monde. Alors quand j'ai appris que Devon a tenté de se suicidé à son tour, j'ai eu énormément de peine et très mal au c½ur. Je comprenais sa douleur, je comprenais mon erreur, je me suis remise avec mais en fait rien n'a changé, rien ne change, tout empire et je joue la carte de l'insupportable pour qu'il me laisse, l'espoir fait vivre dit on. De mon coté, il est mort depuis trois ans...



Photo: Ici =D
Hoffnung stirbt zuletzt = L'espoir meurt pour la dernière fois

# Posté le jeudi 19 juin 2008 08:56

Modifié le lundi 23 juin 2008 09:55

Chapitre Cinq

Chapitre Cinq
Le temps passe tellement vite, peut-être trop car j'en ai presque le tournis. Je tiens le papier sur lequel j'ai noté toutes les dates des spectacles en main et en barre un de plus, nous sommes à la moitié du parcours. Je n'aurais jamais crus que le théâtre me rendrais si heureuse, moi Emma, heureuse de rencontrer un nouveau public chaque soir, de m'éclater avec mes nouveaux amis sur une scène qu'on apprend à apprivoiser pour chaque représentations. C'est un délice que d'observer les yeux des spectateurs vous regarder quelque fois avec admiration, la bouche entre ouverte laissant éclater un petit rire de temps à autre ... Je m'endors chaque nuits avec un sourire sur les lèvres, obtenant la satisfaction d'avoir donné le meilleur de moi-même. D'avoir peut-être donner envie à quelqu'un de se mettre au théâtre aussi.
J'ai reçu des nouvelles de Félycia, les médecins ont mis au point un remède pour les enfants et elle va mieux, je suis rassurée, cependant au téléphone avec Sarah j'ai pu constater qu'elle n'était pas très rassurée elle ... Peut-être le stresse d'être une mère, de ne jamais être sûre de savoir à quoi s'en tenir. Je l'ignore n'ayant pas encore assez d'expérience et pourtant je me sens prête à materner, j'aime tellement les enfants que je pense que ça pourrait m'être bénéfique mais quand donc trouverais-je mon prince chasseur de dragons ?
Côté Devon, il ne m'appelle pas, ou devrais-je dire, il ne m'appelle plus. Je n'ai plus de ses nouvelles depuis deux semaines et à vrai dire je m'en contre fiche, peu m'importe de savoir avec qui il couche j'ai l'intention de me débarrasser de lui, à quoi me sert-il franchement ? J'essaye de repenser à toutes les bonnes choses qu'il a faites pour moi mais la balance penche plus pour les mauvaises choses... Comment ne pas être rongée par le remord si jamais il tente de se suicider à nouveau ? Je ne sais pas non plus, tant de questions auxquelles je ne trouve aucune réponse, le destin en décidera pas moi, je ne veux pas, je ne peux plus.
Julia arrive près de moi, l'appareil photo entre ses mains, elle a l'air très contente
Julia : Les photos du spectacle sont tout simplement : Sublimes ! (Arrêt) Ho mais c'est quoi cette petite mine dis-moi ?
Moi : Oh rien, juste que je pense à Devon et je me demande à quoi nous mène notre couple...
Julia : Ce n'est pas lui le bon Emma, crois-moi. Il te rendra heureuse le bon, comme lorsque tu joue sur scène, dis-toi que Devon ce n'est pas du sérieux, ce n'est pas celui avec qui tu finiras tes jours... Je l'espère en tout cas, tu mérite tellement mieux...
Moi : Je sais tout ça et pourtant quelques fois que nous perçois comme un vieux couple
Julia : T'es pas encore au clair avec tes sentiments, ton guitariste allemand là il t'a rendu un peu septique, tout t'inquiète Emma, c'est toi qui te rends vieille pas ce couple... Je t'assure, oublie Tom, largue Devon et tout ira pour le mieux
Moi : Si seulement c'était aussi facile à faire lorsque tu le dis !
Julia : Tu n'es pas seule, je suis là !


Serveur : Désirez-vous encore un peu de Caviar Mademoiselle ?
Moi : Non ça ira merci
Serveur : Bien. (A Devon) Je vous apporte votre café dans un instant
Il s'en va me laissant face à Devon qui plonge son regard amoureux et tellement faux dans le mien, un sourire niais sur les lèvres. Je bois une gorgée de mon thé glacé en le narguant, ce gars est idiot.
Devon : Je n'ai pas vu ce mois défiler !
Moi : Moi non plus
Devon : Tu m'as manqué !
Moi : Ah bon ? Tu ne t'es pas fouler pour m'appeler pourtant...
Devon : Je sais mais j'étais très occupé...
Moi : J'ai cru comprendre, oui
C'est vrai que ça vie est si fatigante, trompé sa copine chaque soir, bosser vraiment très dur au soleil. Je le plains le pauvre c'est si rude pour un homme !
Devon : Ne fais pas cette tête ! Regardes plutôt ce que je t'ai ramené !
Il pose sur la table une petite boite emballée de papier cadeau bleu. C'est un bijou, inutile d'ouvrir la boite, il n'est pas original, il tente toujours de se racheter avec des bijoux. Je regarde cette petite boite, une bague sans doute, ou peut-être des boucles d'oreilles, peu m'importe, je ne l'ouvre pas. Je ne veux plus de ses stupides cadeaux qu'il m'offre en guise d'excuses. Je suis las, extrêmement fatiguée et pour ainsi dire : vexée !
Moi : Je veux rentrer
Devon : Chérie...
Pour qui il se prend ? Comment ose-t-il s'attribuer le droit de m'appeler ainsi ?
Moi : Ne prononce plus jamais ce mot !
Devon : Oublie-le !
Moi : Comment ?
Devon : Oublie ce bête type ! Ca fait trois ans, Emma ! Trois ans et tu ne pense qu'à lui ! Tom, toujours Tom !
Je me lève et pars sur le champ, lui lançant un regard des plus haineux et méprisant. J'aimerais avoir à le vomir tant sa présence dans ma vie me rend malade ! Je me noie dans la foule de paparazzis à la sortie, qu'ils aillent tous se faire foutre, vraiment ! Eux et leurs stupides appareils photos lanceur de flashs atroces. Franchement ? Font-ils un concours de celui qui aveuglera le plus la cible à atteindre ? Si c'est le cas, la concurrence est rude... J'embarque dans un taxi et compte les lampadaires sur la route durant le trajet, des larmes se préparent dans mes yeux, j'aimerais disparaitre, tout me parait dur à affronter. Je ne me sens plus apte à faire quoi que ce soit dans ma vie. Je rentre immédiatement à l'appart pour prendre mes affaires et retourner chez moi, dans ma bonne vieille maison décorée avec les peintures de mes jumeaux... Une fois à mon domicile, j'ouvre la porte et marche sur le courrier qui s'est accumulé durant tout ce temps... Enormément de lettres de fans m'attendent, la hâte de les lire s'empare déjà de moi. Je prends la pile dans mes mains et la pose sur ma table. Tout me semble changé lorsque j'entre dans le living, une odeur de renfermé règne dans la pièce... J'ouvre une fenêtre pour aérer un peu et en profite pour jeter un coup d'½il sur l'horloge : 22h30. Je déchausse mes escarpins et m'assieds sur le canapé pour trier mon courrier. Une voiture se gare dans l'allée et propage la lumière de ses phares dans toute la pièce. Je me lève et constate sans la moindre surprise qu'il s'agit de ce bon vieux Devon... La sonnerie retenti deux fois, malgré moi, je pars lui ouvrir, histoire de m'en débarrasser une bonne fois pour toute. C'est le moment Emma !
Devon : Dans cette boite (Il me la montre de plus près, ouverte) il y a une alliance, je veux faire de toi ma femme Emma !
Moi : Moi je ne veux pas l'être
Devon : Ne sois pas vexée pour les appels !
Moi : Ce n'est pas ça Devon ! Nous ne sommes pas faits l'un pour l'autre
Devon : Qu'est ce que tu raconte ? Tu es la femme de ma vie !
Moi : Non Devon, ce n'est pas réciproque en tout cas !
Devon : C'est à cause de lui c'est ça ?
Moi : (Ironiquement) Oui Devon ! Tout est de sa faute ! Tu es content ? Tu as entendu ce que tu voulais entendre ? Tu m'as assez détruite ? Je te déteste Devon ! Vraiment, comme je n'ai jamais détesté personne ! Je restais avec toi à cause du suicide !
Devon : En fait, tu n'es qu'une hypocrite ! Ta pitié je n'en avais pas besoin ! C'est pire maintenant ! Pourquoi t'as fais ça ?! Pourquoi t'as fais semblant de m'aimer ? Mais tu devrais savoir ce que ça fait d'avoir un chagrin d'amour !
Moi : (En larmes) Je le sais trop bien justement !
Il se met à pleurer aussi, se prends la tête entre les mains en shootant dans un caillou
Devon : Tu sais quoi ?! Tu me dégoute vraiment !! Espèce de salope !
Moi : Pars d'ici ! Laisses-moi !
Devon : (D'un ton haineux) C'est les gens comme toi qui devraient crever pas moi !
La porte se ferme, mon corps glisse sur le carrelage glacé, rien ne réveille mes sens pas même le froid, je suis pétrifiée par ces paroles, mais qui suis-je ?



Mes yeux s'ouvrent un peu difficilement, j'ai l'impression que mes sils se sont collés les uns aux autres, mes muscles sont crispés, j'ai du mal à me relevé. Ma mine est plus que désastreuse, je me suis endormie sur le carrelage, mon teint est blafard. Je ne me sens pas bien du tout, j'ai envie de pleurer et en même temps de me cogner la tête contre un mur, sans réfléchir, j'entre dans la salle de bain et me pose sous le jet de douche complètement habillée, l'eau tiède me réveille petit à petit. Je sors et vomis dans le lavabo, en me regardant dans le miroir j'ai presque de la pitié pour la personne que je suis devenue, mais que m'arrive-t-il ? Je me brosse les dents, retire mes vêtement et m'enroule autour d'une serviette.
La toilette finie, mon visage reprend progressivement des couleurs mais un vide total se lie en moi... Je prends un petit déjeuner rapidement et à nouveau, sans prendre la peine de réfléchir, je monte à l'étage pour refaire une valise. Cette vie-ci n'est plus la mienne... Je pars.


Assise sur la dernière marche de l'immeuble, j'hésite à entrer, à me présenter devant eux. Leur montrer qu'en fait rien ne va, que je leur ai mentis à eux aussi, que je suis limite en dépression, j'ai peur de ce qu'ils vont penser du fait que je vienne de franchir toute l'Atlantique pour revenir ici. Une voix dans mon esprit me dit qu'ils ne sauront rien faire pour moi, que de toute façon je suis fichue et une autre me dit d'y aller, de monter l'immeuble où réside mon amie Sarah, et d'aller lui demander de l'aide car après tout elle est là pour ça ... Je prends ma valise et monte les marche sans me dépêcher. Il est assez tard, je vais débarquer à l'improviste, je ne sais pas quoi leur dire, je refais demi-tour sur moi et redescends une marche puis la remonte, je reproduis ce déplacements plusieurs fois avant de vraiment y aller. Ca y est, j'y suis, il fait bien plus chaud à l'intérieur, quatre étages à monter et j'y serais... L'épreuve me parait insurmontable, je ne me rappelle pas avoir mangé régulièrement ces derniers jours... Ce n'est pas le moment de tomber Emma !
La porte est juste devant moi, les chiffres me paraissent flous, je sonne mais je n'entends pas la sonnerie, un grand malaise me prend soudain, je m'appuie à la porte pour ne pas tomber mais celle-ci s'ouvre me faisant ainsi atterrir sur les pieds de Georg...
Georg : Emma ! Hey ! (Me tapotant le visage) Réveilles-toi, qu'est ce qu'il y a ? Emma tu m'entends ?
Sarah : Georg, qui est-ce ? (Me voyant) Han ! Mais que lui est-il arrivé ?
Georg : Je ne sais pas, j'ai ouvert la porte et elle m'est tombée dessus...
J'entends les mots, je n'y réponds pas, mes os me font mal, mon ventre se serre, j'ai mal au c½ur, encore une envie de tout recraché de mon corps...

# Posté le mardi 24 juin 2008 05:47

Modifié le mercredi 25 juin 2008 11:27

Chapitre Six

Chapitre Six
Une araignée tisse sa toile dans le coin de la chambre et je la regarde ainsi depuis une durée indéterminée, mais je qualifierais ceci par « un long moment ». Je n'ai pas réussi à prononcé le moindre mot depuis mon arrivée ici, cela va faire bientôt une journée sachant que j'ai débarqué ce matin à deux heures du matin. Je n'arrive pas à ouvrir la bouche et à exprimer le « Qu'est-ce qu'il y a Emma ? », car en réalité, je ne sais pas ce qu'il y a ... Je suis à bout, l'amour me perdra sans doute. La porte s'ouvre à nouveau, c'est Sarah, elle s'assoit près de moi sur le lit et me regarde toujours aussi soucieuse
Sarah : Ma puce, j'aimerais vraiment que tu me parles. (Silence) Si tu veux il viendra, je sais que tu as besoin de lui, il est sur le chemin
Elle reste ainsi quelques fractions de secondes, espérant un regard, une parole, n'importe quoi de ma part, mais cette araignée ne quitte pas mon champ de vision, comme si j'en avais quelque chose à faire de cette stupide toile, non en fait je songe à la mouche qui va s'y coincer et c'est totalement la sensation que j'éprouve en ce moment, j'ai l'impression d'être coincée dans une toile, les mains collées dans une substance visqueuse, le regard vide, la mort qui approche et la peur qui s'amplifie... Mon amie a quitté la pièce sans que je ne m'en rende compte. « Il est sur le chemin », je ne sais pas si mon état muet va s'améliorer en sa présence, mais quitte à le savoir juste là j'en souris déjà intérieurement et pourtant mes larmes coulent ...


La porte ne fait aucun bruit lorsqu'il entre comme s'il lui avait jeté un sort car autrefois elle grinçait et ce fortement. Il hésite à s'approcher de moi mais l'inquiétude se ressent à travers lui, je ne le regarde pas pourtant, mes yeux sont plongés dans la scène de torture que m'offre cette araignée avec une petite coccinelle s'étant aventurée trop près vers son piège... La pauvre !
Tom : Emma ! J'ai fais aussi vite que j'ai pu, Sarah m'a dit que tu ne parlais pas, écoute je sais que c'est dur mais si tu ne parles pas on ne saura pas t'aider facilement...
Mes larmes ruissellent sur mes joues, chaque paroles venant de lui s'immortalise un instant dans ma mémoire, sa voix est si rassurante, je l'aime toujours autant...
Tom : Ne pleure pas Emma ! Expliques-moi ce qu'il t'est arrivé...
Voyant que je ne réponds toujours pas, il s'allonge près de moi, mon c½ur accélère ses pulsations au contact si proche de son souffle à mon cou, de ses pieds contre le miens, de sa main qui prend la mienne...
Tom : J'attendrais une réponse venant de toi, toute la nuit s'il le faut mais j'attendrais
Il passe sa main sur ma joue pour essuyer mon torrent de larmes et moi je me tourne vers lui pour le regarder dans les yeux, il me fait un petit sourire que j'évite de lui rendre tant la tristesse m'envahit de seconde en seconde. Je ferme les yeux et pose mon front contre son épaule, il en profite pour me serrer dans ses bras, mon Dieu que je me sens bien blottie contre lui mais je ne cesse de pleurer, j'en ai même le hoquet
Tom : Chut, calmes-toi, voyons Emma, racontes-moi
Moi : Tom !
Tom : Doucement, reprends ton souffle, parles-moi
Il m'éloigne un peu de lui pour me regarder à nouveau, je tente de parler à nouveau mais n'y arrive pas, il caresse mon dos avec ses doigts et me berce peu à peu pour me calmer. J'arrive enfin à parler
Moi : Je fuis Tom c'est tout
Tom : Tu fuis quoi ?
Moi : La réalité
Tom : Que s'est-il passé ?
Moi : Devon m'a dit des choses horrible Tom, vraiment, et j'ai fais encore pire avec lui !
Tom : Qu'est-ce qu'il t'a dit, et qu'as-tu fais ?
Moi : J'ai fais semblant de l'aimer
Il ouvre un peu la bouche par surprise, je me replonge dans son cou pour pleurer. Je me sens terriblement honteuse. J'essaye de calmer mes larmes mais rien n'y fait, il faut surement que ça sorte, je ne savais pas qu'un humain était capable de canaliser tant de choses en soi pour les faire ressortir ainsi, aussi facilement pour des paroles de trop, pour une goutte qui fait déborder un vase bien trop plein depuis longtemps.
Tom : Je m'excuse, pour tout ce mal que tu endure chaque jour. C'est de ma faute. Je t'ai écris après tout ça tu sais, de longues lettres, les jours de pluie, jamais je ne te les ai envoyées mais elles sont là tout comme moi. Je m'en veux. Pardon Emma.
Moi : Elle la mangé !
Tom : Qui ça ?!
Moi : Regardes ! L'araignée là, elle a mangé la coccinelle...
Tom : Tu ferais mieux de dormir Emma.


Je ferme la porte et entre dans le living, ils sont tous là, j'en profite un instant pour les regarder de loin. Gustav est affalé sur le canapé, Félycia est assise sur son ventre entrain de rire à ses bruitages, Sarah pose la nappe sur la table et me regarde en souriant, Tom lit le mode d'emploi de la nouvelle télévision du couple, Georg installe justement cette télévision et Bill lui dit si oui ou non, l'image est de bonne qualité sur l'écran. Je leur souris, je les retrouve enfin, ça m'avait manqué. Cette atmosphère rayonnante, chacun sa tâche, chacun se soutien, le rire est toujours au rendez-vous.
Sarah : Tu as faim j'espère, j'ai préparé ton plat préféré !
Moi : Oui j'ai très faim !
Félycia : (hurlant) Tante Emma !
Moi : Bonjour mon chou !
Dans ses yeux, brillent des étoiles. Même les véritables étoiles qu'on trouve dans le ciel ne vous procurent pas tant d'éclat, j'en reste persuadée. Je la prends dans mes bras, elle est si charmante cette petite enfant, une perle parmi tant d'autres humains sur terre, ma perle. Véritable soleil dans cette pièce, comment font-ils, ces petits êtres, pour nous rendre si heureux ? Je la prends dans mes bras, elle s'y blotti tendrement, tous les autres nous sourient, je leur rends, je suis idiote de dramatiser ma vie ainsi parce qu'en fait le fruit de mon bonheur c'est eux ! C'est eux qui m'ont supporté chaque jours depuis l'accident, c'est eux aussi qui m'ont fait rire dans les moments de détresse, eux qui sont là aujourd'hui, c'est vrai quoi j'ai bientôt 25 ans et je ne suis toujours pas foutue de m'occuper de moi ! Vingt cinq ans, c'est quoi ? Un quart de vie presque, si on estime qu'on finira ses jours dans la centaine, un malheureux quart et ça croit tout savoir ! Mais on ne sait rien de la vie, je ne connais rien de cette vie ! La preuve, j'échoue car toute seule c'est rude... En vérité, sans eux, n'y a pas les autres quarts...
Sarah : Vous venez ? Tout est prêt !
Félycia tape dans ses mains en répétant « Tout est prêt », toute la pièce éclate de rire et elle nous sourie radieuse de fierté, on voit bien que c'est l'enfant de Georg cette petite ! Je la pose dans sa chaise et aide Sarah à servir dans les assiettes. Elle est resplendissante je trouve, une jolie mère, ses cheveux légèrement bouclés, attaché en chignon sur le coté, elle porte un joli tablier vert, sa sensibilité est toujours présente c'est ce qui fait son charme je crois. Bill et Georg viennent en premiers, Gustav se lave les mains dans la salle de bain et Tom s'étire. Au bout de quelques minutes nous sommes tous assis autour de la table ronde et commençons le repas. Mon plat préféré en effet, un tajine au poulet, John adorerait s'il était là, faudra que je pense à le prévenir de mon départ tient, il me croit surement en Amérique...Tom touche mon pied avec le sien, des frissons m'envahissent, j'en reste quelque peu perturbée, il le remarque et l'éloigne en me souriant.
Bill : Tu repars quand ?
Moi : Heu, je ne repars pas...
Ils me regardent tous avec des yeux ronds comme des billes et une bouche entrouverte
Bill : Sérieux ? (sourire Colgate)
Moi : (Faisant passer la salade) Oui, j'ai décidé de rester ici. Quelques temps en tout cas...
Sarah : C'est génial ça !
Tom me sourie, il semble particulièrement heureux suite à cette nouvelle, j'avale une bouchée, manger me fait le plus grand bien, ça faisait longtemps que je n'avais pas passé un agréable moment à table ...
Sarah : Georg, tu sauras prendre la petite demain j'dois remplacer une collègue à la boutique
Moi : Tu veux que je m'en charge ? Elle va leur déranger non ?
Bill : C'est vrai qu'avec le bordel qu'elle avait foutu la dernière fois... hum !
Gustav se marre tout seul dans son assiette, surement en repensant à cet événement...
Moi : Qu'est-ce qu'elle avait fait ?
Gustav : Elle avait mangé les partitions de Georg et avait finit par vomir sur les genoux de Bill quelques minutes après !
Bill : L'horreur je t'assure !
Félycia pousse un éclat de rire battant des mains contre sa table ! Nous rions tous en c½ur.
Sarah : (Parlant comme un bébé à sa fille) Oui alors vaut mieux que tante Emma te garde hein ma puce ?
Félycia : Tante Emma !! (Grand sourire)
Nous finissons le repas en bavardant, de tout et de n'importe quoi à vrai dire, j'ai l'impression d'avoir manqué pleins d'épisode de leur vie respective, je retiens mes larmes. J'espère pouvoir me rattraper, pouvoir encore partager des moments magiques en leur présence, l'important après tout c'est d'être là, la suite on verra...


Il m'ouvre la portière de sa Cadillac et je me glisse à l'intérieur du véhicule. Un trop plein d'émotion me ronge, cette voiture contient une flopée de souvenirs rien qu'à nous deux, je respire l'odeur diffusée par l'arbre magique, il choisi toujours « senteurs tropicales ».
[Flash Back]
Moi : Pouah Tom ça sent fort ce truc !
Tom : Mais non, et puis tu verras, tu t'habitueras !
Moi : Pourquoi t'as pris à la pêche ? Je déteste cette odeur !
Tom : Ce n'est pas à la pêche ! C'est « senteurs tropicales », j'adore, ça me rappelle les cocktails qu'on buvait Bill et moi en vacances...
[Fin du flash back]

Il entre à son tour après avoir fait le tour de la voiture et allume le moteur. J'attache ma ceinture par prudence et fixe la route en me retenant de le regarder. C'est étrange de se retrouver tout les deux après tout ce temps, je devrais ressentir de la haine et du mépris pour la façon avec laquelle il m'a jeté et pourtant je l'aime, comme une folle : je l'aime. Je ne sais pas si c'est de la folie, si je suis entrain de me faire manipuler mais un amour fou se propage en moi envers sa personne, il est l'unique homme de ma vie, j'en reste persuadée
Tom : A quoi tu pense ?
Moi : Heu, à tout et à rien en même temps...
Tom : Je l'ai encore ce pouvoir magique tu sais...
Moi : Lequel ?
Tom : Celui de comprendre ce à quoi tu pense sans même te le demander...
Moi : Je n'ai jamais osé te le demander, mais comment fais-tu en fait ?
Tom : Je ne sais pas, ça vient comme ça, j'arrive à te deviner, c'est comme si j'avais les clés de ton esprit...
Les clés de mon esprit... Et s'il les détenait vraiment ? Nous sommes presque arrivés chez moi, je cherche mes clés dans mon trousseau, il freine subitement, je me cogne la tête contre la boite à gants, me relève en grattant mon crâne
Tom : (Paniqué) Oh j'suis désolé il y avait un chien ! Ca va ? Tu ...
Moi : Je vais bien Tom, calmes-toi !
Il se gare dans l'allée toujours aussi stressé et confus, je reprends mon sac et sors pour ouvrir la porte. Il arrive quelques instants après avec mes deux valises en mains, les dépose près des escaliers et regarde la maison avec ce même air ébahit comme lors de sa première arrivée dans les lieux.
Moi : C'est vraiment poussiéreux tu ne trouve pas ? J'ai intérêt à tout nettoyer demain !
Tom : Te fatigues pas trop avec ça...
Moi : Tu veux boire quelque chose ?
Tom : Oh, heu non j'dois filer désolé
Moi : Aucun problème, merci de m'avoir racompagnée
Tom : C'était avec plaisir, n'hésite pas à m'appeler si t'as besoin de moi...
Moi : Je n'y manquerais pas Tom
Il me fait la bise, j'enroule mes bras autour de son corps et il s'en va. Me laissant seule dans cette maison vide, j'aimerais courir lui dire de rester, lui demander de ne pas me laisser mais quelque chose m'en empêche, je ne saurais expliquer quoi mais c'est là, c'est présent dans ce vaste couloir, l'angoisse, la peur...

# Posté le dimanche 29 juin 2008 09:21

Modifié le dimanche 29 juin 2008 13:41

Chapitre Sept

Chapitre Sept
« Elle appartient a un autre endroit, ou la douleur n'est pas un espoir et ou les vies prennent chaque chances, pas une part de tout les plans, je crois que les fidèles sont tombés, ils n'ont pas trouvé le chemin du retour si loin de la maison, mais mon frère nous ne sommes pas seuls. »
L'i-pod sur volume maximal propage dans mes oreilles le son de cette chanson si prenante à laquelle j'ajoute ma voix qui chante à tue tête les bribes de paroles retenue en quelques écoutes, effectivement ça fait du bruit dans la maison...Aspirateur en main, j'efface toute trace de saleté sur le vaste tapis du dressing mais un bruit m'interpelle, je retire un écouteur et constate qu'on sonne à ma porte, je lâche l'aspirateur toujours en route et dévale les escaliers pour aller ouvrir, ce n'est pas lui... mais son frère.
Moi : Bill ?
Bill : Halo ! Je peux entrer ?
Moi : Oui bien sur ! Viens !
Je ferme la porte, prend mon courrier et le rejoins dans le living. Il s'assied, toujours aussi souriant, je range mes factures, prends deux verres, une bouteille d'eau pétillante et vient le servir tout en m'installant face à lui. Il observe ma maison avec surprise
Bill : Grand nettoyage ?
Moi : On peut dire ça comme ça ! Quel bon vent t'amène dis-moi ?
Il retourne un de ses bracelets autour de son poignet pour le remettre à l'endroit, je souris, il a toujours ce sens du détail, cette petite manie de toujours tout ajuster correctement. On l'aperçoit rarement avec une mèche rebelle ou un ongle sale lorsqu'il est de sortie et même au naturel je le trouve toujours très maniaque. Je rempli son verre et le pose sur la table, il me regarde attentivement, attendant que je termine pour parler
Bill : Hum, j'aimerais te parler, ça fait si longtemps Emma !
Je lui souris, son expression s'illumine également, ses petits yeux noisette cherchent à me communiquer tant de choses. Il a toujours été comme ça Bill, proche de moi, il a ce besoin de me parler, de se confier, de savoir si je vais bien... Peut-être qu'il a toujours ressentit une sorte de jalousie envers son frère, celui qui a conquis mon c½ur, celui qui sait toujours tout mais Bill, c'est un homme formidable, qui sait laisser de la place aux autres tout en y trouvant sa place également. Et une place dans ma vie, il en a une, Bill c'est un ami, le meilleur ami que je n'ai sans doute jamais eu, introuvable, cherchez bien, vous ne trouverez pas mieux que lui !
Moi : Tu as raison, trois ans c'est long et pourtant nos conversations par téléphones restent inoubliables !
Bill : Qu'est-ce que j'ai pu te pleurer surtout !
[Flash Back]
Au téléphone
Bill : Tu reviens quand ?
Moi : Je ne reviens plus
Bill : Emma, part pitié, reviens-nous
Moi : Non Bill c'est impossible maintenant
Bill : Tu me manque, tu lui manque, tu manque à Sarah, à tout le monde !
Moi : Il fallait y penser avant...
Bill : Fais pas ton égoïste...
Moi : Je fais ce que je veux !
[Fin du flash back]

Je me souviens oui, qu'est-ce que j'ai pu être dure avec lui, il résistait pourtant. Il m'appelait aussi souvent qu'il le pouvait pour que je revienne à Hambourg et je n'ai jamais céder. Je suis revenue seulement un an après pour attendre que ça passe, que ma douleur suite à la rupture s'estompe, que l'orage laisse place au soleil dans ma vie, il n'en n'était rien de tout cela, je jouais la comédie, au moins une chose que je réussis bien dans ma vie : faire semblant d'être quelqu'un que je ne suis pas. Je ne suis pas restée longtemps en Allemagne, j'avais surtout besoin de soutenir Sarah qui voyait son couple sombrer dans le néant, Georg trop souvent absent, la petite trop capricieuse, elle complètement surmenée, j'ai du l'aider à surmonter cette crise et finalement tout est rentré dans l'ordre... Puis je suis rentrée à New-York et il est vrai que des conversations à deux nous en avons eu peu en trois ans. Ce qui me touche c'est de voir que ça lui manque, à lui aussi, qu'il ne m'en veut pas.
Bill : Parles-moi, que s'est-il passé ?
Moi : Tom ne te dit donc rien ?
Bill : Tom il est dans sa bulle, tout ce qui te concerne c'est son trésor, je n'ai pas les clés
Je lui souris, il me donne envie de pleurer en même temps, je suis peinée d'avoir gâché un peu de leur complicité...
Bill : Il a confiance en moi mais il fait ça pour te préserver toi
Moi : Je comprends...
Bill : Tu reste vraiment ?
Moi : Vraiment !
Bill : Et Devon ?
Moi : Il n'y a plus de Devon, c'est finit et c'est bien mieux comme ça... Et toi, Lucia ?
Bill : Je la vois la semaine prochaine
Moi : Le grand amour ?
Bill : Tu es mon seul amour !
J'éclate de rire !
Moi : Bill ?
Bill : Je crois, enfin j'espère elle est si merveilleuse et avec elle je me sens comblé !
C'est formidable pour lui, c'est tout ce qu'il mérite : Etre comblé. Il comble déjà assez ses proches, à son tour maintenant ! J'espère sincèrement, je le souhaite de tout mon c½ur en tout cas, que cette relation entre sa Lucia s'éternisera, ils sont si parfait à deux, une très belle rencontre, une grande complicité et cette fille est adorable ! Il me sourie, grand moment de nostalgie entre nous je dois dire, j'en ai les larmes aux yeux, je m'avance et me blotti dans ses bras, il me sert aussi fort qu'il le peut. Ah Bill, si ton frère pouvait m'offrir un peu de cet amour que tu me donnes, je serais à mon tour comblée, j'exige sans doute trop...
Bill : Il reviendra, une perle comme toi ça ne se garde pas trop longtemps dans sa coquille
Moi : Merci Bill, merci d'être là, d'avoir toujours été là !
Bill : J'aime toujours autant lorsque tu me dis « Merci ».


L'étage nettoyé et rangé, je descends me reposer et évader mon esprit de toute cette poussière accumulée au fil des mois. Je m'affale sur le canapé et prends quelques lettres de mes fans pour me changer les idées...
« Emma, tu es mon idole ! Je te trouve vraiment très jolie et je suis triste pour tout ce qu'on raconte sur toi dans la presse, tu dois mal le vivre, c'est dommage pour toi car je suis sure que tu es super comme fille ! J'espère te revoir bientôt dans une série ou même un film en tout cas j'ai été te voir au théâtre et je n'arrive toujours pas à y croire : je t'ai vue! Tu es belle même en réalité ! Je vais te laisser, garde courage et n'oublie pas que tes fans sont là pour te soutenir ! Je te fais pleins de gros bisous, j'espère que tu me répondras, ça serait génial ! Je t'adore. Jolein. »

J'affiche un sourire en finissant cette première lettre, c'est touchant de recevoir de tels messages de mes fans, je prends tout d'un coup conscience que j'ai la chance d'être entourée malgré toutes les choses qui peuvent m'arriver... Je ne suis pas seule et pourtant je me sens extrêmement seule, mon c½ur est vide sans Lui, sans Tom. Mon Dieu, il faut que je me reprenne en main, je n'arrive pas à croire que je puisse autant faire une fixation sur lui, après tout je suis un peu comme les fans en général, je l'admire, je l'aime d'un amour indescriptible sauf que voilà, moi j'y ai gouté à cet amour, peut-être aurais-je mieux fais de ne pas résister ... Mais qui aurait pu lui résister ? Je prends soin de répondre à cette très chère Jolein et part me changer pour sortir dehors.
L'hiver est bientôt finit, je ne l'ai pas vu passer, un peu comme cette année en fin de compte, les aiguilles tournent, on n'a pas le temps de voir les minutes qui défilent et on n'a pas la prise de conscience que ces minutes sont perdues à jamais. Je m'engage vers le cimetière comme à mon habitude, j'ai besoin de la voir, de lui parler, lui annoncer mon retours. La brise du vent fait valser mes cheveux, je ferme les yeux pour me faire caresser par ce froid apaisant. Je repense à ma vie en Allemagne, à mon enfance avec ma mère, de brèves souvenirs pourtant toujours présent dans ma mémoire, j'avais seulement cinq ans quand on est partit pour les Amériques, je ne sais pas s'il faut le remercier car je n'aurais pas fait d'aussi belles rencontres si je n'avais pas été célèbre... C'est égoïste à dire non ? Je le suis surement alors. Je m'avance vers sa tombe et effectue le même rituel que d'habitude avant de lui parler
Moi : Je suis revenue Maman ! Si tu savais comme j'aimerais pouvoir te parler, ne serait-ce que dans un rêve, t'entendre, si je pouvais recevoir un message de ta part, j'aurais peut-être l'impression d'être moins seule. J'aurais aimé savoir si tu as enduré aussi la même chose sentimentalement parlant si toi aussi tu as souffert tout comme moi je souffre...
Ne recevant pas de réponse pour la énième fois, j'abandonne mes paroles et fait une prière avant de m'en aller.


Je n'ai rien préparé pour le diné, je m'aventure donc dans un snack pour me prendre une bonne dose de calorie à emporter. A mon retour je constate que les murs et les arbres de ma rue sont placardés d'affiches, je m'arrête à un arbre et lis ce qui est marqué. Une jeune demoiselle est portée disparue depuis deux semaines et la dernière fois qu'on la vue c'était lors des fêtes d'hiver à Hambourg. Puis plus aucun signe de vie. Je m'en vais le c½ur serré m'imaginant les pires horreurs pour cette jeune fille, j'espère qu'elle ne s'est pas faites embarquée par des malades, je ne souhaite cette atrocité à personne au monde, c'est bien trop horrible à supporter. J'entre chez moi, ça sent le produit ménage et la propreté, rien de tel pour me mettre de bonne humeur que de rentrer chez un « chez soi » nickel ! Ma messagerie est pleine à craquer et ne cesse de clignoter, je me suis juste absentée quelques minutes pourtant, je ne les lis pas, j'ai envie de manger en paix je me réserve les bonnes ou mauvaises nouvelles pour après... Je déballe mon kebab et mes frites, je ressens un peu de dégout en observant ce que je vais manger car ce n'est pas du tout diététique mais au Diable ceux qui me diront que j'ai grossis, je n'en ai pas mangé depuis tellement longtemps que je ne sais même plus quel gout ça a ! Oh, si je savais qu'une frite pouvait faire autant de bien à mon organisme j'en aurais mangée depuis longtemps, le téléphone sonne à nouveau, décidément je peux dire que je ne suis jamais en paix, je me lève un peu boudeuse d'avoir été interrompue alors que je passais un agréable moment en me goinfrant, et réponds
Moi : (Avalant) Oui ?
... : Ah tu réponds enfin !
Moi : John ?!
Merde, j'avais oublié de l'appeler !
John : Mais t'es où ? On te cherche, Mat et Chris paniquent !
Moi : Je suis en Allemagne
John : Tu aurais pu prévenir non ?!
Moi : Oui je sais mais je suis partie sur un coup de tête
John : (S'énervant) Sur un coup de tête ? Nan mais tu te fou de qui Emma ? Tu peux me le dire et puis ...
Il continue de parler, d'hurler, de m'insulter, de me faire la morale, je laisse le combiné à coté du téléphone et retourne manger à la table, je l'entends, il parle si fort, je m'en fou. Qu'il parle, qu'il crie si ça lui plait, moi je resterais ici, aussi longtemps que je voudrais et personne ne décidera à ma place, c'est comme ça un point c'est tout, maintenant c'est Emma qui voit sa vie comme elle l'entend et peu importe si ça ne plait pas, à moi non plus on ne me demandait pas mon avis quand on faisait ce qu'on voulait de moi...

# Posté le mercredi 02 juillet 2008 10:14