Quel est mon nom ? Il fait trop chaud. Quel est mon nom ? Il fait trop chaud je vais tomber. Tomber amoureuse de lui. Je vais tomber dans les pommes. Quel est mon nom ? Mais où suis-je bon Dieu ! Je suis amoureuse de lui. Il fait trop chaud et je m'effondre. Je m'effondre à coté de lui car je ne sais plus mon nom ? « Oui » Quel est mon nom et où suis-je ? Pourquoi suis-je amoureuse de lui et pourquoi fait-il si chaud ? J'étouffe et je tombe. Amoureuse de lui.
Le commencement, je ne sais pas où est le début au fait. Comment fait-on pour se marier ? Y a-t-il une bible du mariage ? La bible, je ne me marie pas à l'Eglise... Existe-t-il dans ce cas un annuaire, n'importe quoi, histoire de dégoter un numéro pour venir m'aider ! Puis, j'avais demandé quelque chose de classique, au lieu de cela, on me livre une robe de nunuche. Tout se bouscule dans ma tête, je bascule en arrière. Je suis basse et je coule.
Mais ce n'était pas véritablement le commencement.
Quand j'étais encore petite fille, je jouais très souvent avec mes poupées. Je les mariais avec le beau Ken blond, c'était le seul dans ma collection. Elles étaient toutes folles amoureuses de lui. Je les ai toutes mariées au moins une fois avec. Et j'aimais ça. J'avais des étoiles plein les yeux et mes joues rougissaient. Je chantonnais la marche nuptiale de Wagner et une fois mariés, je les posais sur ma commode en veillant à ce qu'ils soient bien beaux, à ce que leurs mains se tiennent, à ce qu'ils se regardent dans les yeux et ils restaient là durant un temps. Et cette image du mariage est restée dans mes souvenirs. C'était comme ça que ma vie devait être. Un jour, je rencontrerai un Ken blond et ce sera à mon tour de l'épouser. On chanterait pour moi et on m'installerait sur une belle commode. Puis, l'adolescence et les plateaux télés sont arrivés. Je ne sais plus comment j'envisageais mon mariage mais surement pas comme aujourd'hui.
Car aujourd'hui, je me marie. - C'est bientôt à toi.
Je n'arriverais jamais à soulever Je ne sais pas comment ça se passe, je ne sais pas ce que je dois faire, dire ou comprendre. Je sais juste, qu'à partir d'aujourd'hui, je dirais « oui » à Tom et qu'aujourd'hui sera « le plus beau jour de ma vie ». Mais des jours, j'en vivrais encore et croyez-moi on est loin du plus beau ! C'est si étrange pourtant, cette adrénaline présente en moi, ce sourire qui ne quitte pas mes lèvres. Mes mains qui tremblent et toutes ces personnes qui s'agitent dans mon dos. Sarah qui fait des allées et venues, téléphone en main, toujours au courant du moindre changement. Et moi, je ne sais rien et je préfère ne rien savoir. Cette robe toute seule. Et pourtant, je dois me lever. John arrive en souriant et me tend son bras. Ma tête tourne, il me faut trouver l'équilibre, affronter tous les regards qui vont se river sur ma personne. J'ai peur.
- Je suis là, respire. Me rassure-t-il.
Inspire. Expire. Souffle. Ferme les yeux. Ouvres-les ! J'apprends à marcher, d'un pas incertain mais j'y arrive. Ma peau brille sous les paillettes qui l'emplissent. Et la robe que j'ai dessinée est plus belle que sur mon
croquis. - Tu es...tout simplement magnifique.
- Merci.
Toute la semaine, je n'ai rêvé que de ce moment qui pourtant est différent de mes rêves. Le couloir menant à l'autel est plus long que ce que j'envisageais. A chaque pas, mon c½ur se serre et la boule dans mon ventre se fait plus insistante. Les jumeaux devant moi, étalent sur le tapis des pétales de roses rouges. Tout le monde me sourit et moi aussi, je souris. Mes joues sont en feu et ma main serre celle de mon frère de plus en plus fort.
C'était comme si le temps s'était suspendu quelques instants. Pas très longtemps mais suffisamment pour me faire oublier son existence. J'ai cru qu'on ne voyait cela que dans les films, que les mariages ça n'était pas toujours aussi parfait qu'on le faisait croire. Je ne pensais pas qu'en fait, je ne savais rien de la vie et de toutes les sensations qui l'entourent. Non, je ne savais pas. Et me voici étendue sur ce doux édredon à attendre que l'heureux élu revienne de sa course. Vous savez, je repense à la première fois que je vous ai parlée de moi. Je me replonge des années avant. Ce jour où j'étais encore en détresse avec moi-même. Ma vie a bien eu des drames. Mais est-ce moi qui ai tout dramatisé ? Je n'en suis pas si certaine. Je pense qu'on a tous chuté un jour dans notre vie et que les périples se sont additionnés, que la masse est devenue bien lourde, que notre tête a tourné et que nous sommes encore tombés. De nombreuses mains inconnues m'ont rencontré sur ce chemin sinueux. Aujourd'hui je prends enfin conscience que ce n'était peut-être pas par hasard. Je persiste à penser que quelqu'un -peu importe où il se trouve- est responsable de l'avenir des gens. Du mien aussi sans doute. C'est comme si je n'avais cessé de grandir. Je n'écouterais pas les scientifiques qui nous entêtent en assurant que notre corps ne grandit plus à partir de vingt ans. Moi, c'est comme si tous les jours, le monde était vu de plus haut. Comme si mes erreurs me portaient vers le haut. Je domine enfin ma vie.
- Vous êtes bien pensive Madame Kaulitz.
- Je ne t'avais pas entendu rentrer !
- Le mariage m'aurait-il rendu discret ? J'aurais du me marier plus tôt !
Je lui réponds avec un sourire, c'est la première fois que je sens mes lèvres si légères. Il allonge sa tête contre ma poitrine, je lui caresse le front avec mon pouce, sa peau est chaude et douce. Il est magnifique.
Mettre un terme au chapitre d'une courte page de mon existence. C'est me demander de vous décrocher la Lune et les étoiles en dessert ! Je pourrais encore vous décrire mon évolution, vous dire qu'avec Tom tout se passe bien. Que le groupe reprend doucement, qu'ils ne sont plus ce qu'ils étaient c'est certain mais je pense qu'ils peuvent enfin s'épanouir musicalement grâce à ça. On se dispute parfois, comme tous les couples mais rien de grave. Moi, je continue de m'occuper des enfants, je fais même des ateliers pour des handicapés le mercredi. Ils me font un bien fou. Sarah a arrêté son traitement, touchons du bois, pour l'instant sa tumeur est guérie mais les médecins disent que personne n'est à l'abri, Félycia est donc très surveillée. Je ne sais pas quel est l'avenir sentimental de Gustav et Bill, ils vivent ce que la vie leur tend entre les doigts et c'est tant mieux. Les c½urs ne sont pas à l'abri non plus, c'est peut-être tant mieux aussi ! Je dois m'arrêter ici, je suis sur un plateau télé pour promouvoir mon projet qui va s'étendre à Munich aussi, dans un hôpital pour orphelin. Mais rassurez-vous, cette fois-ci je vais bien et j'ai ma place entre tous ces gens qui sont venu pour me voir.